Parole de Poète
Poète lyrique, elle écrit sur les notions d’origine et de vide oriental. Sa plume la porte à chercher nos dimensions ontologiques et transcendantes.
A TENSIONS SENSIBLES
La bouche se raréfia. Les mots s’essoufflèrent.
Elle s’assembla dans l’image.
« Quand on regarde une chose on pense à autre chose « dit Godard dans Eloge de l’Amour.
Elle n’entendra pas cette phrase, elle s’assemble dans l’image. Perdure. Persévère.
Elle voulait qu’il la con-tacte.
« Quand on regarde une chose on pense à autre chose «
la voix de Godard suintait dans le cabinet blanc. Personne ne l’entendit.
Printemps des Poètes 2005
EXILS
Un rien une chambre du rien
Il est
où le silence permute d’un oeil à l’autre
Il est un anneau de l’air
Un temps loin très loin de soi
Le Dé chiffré (extrait) paru chez L’Harmattan Mai 2006
Emulsion sous un encensoir
Vous aimiez il y a … ces silences d’Eléter.
- Et les nuits là-bas ?
- Elle se souvient du joug des choses ?
- Oui et elle s’émeut d’amours lents.
La solitude ici s’éprend du vertige comme de l’éclat.
Alba pense blanc, pense en blanc.
Comme fut sa vie, blanche avant la lettre.
Eléter délaye ces dissolutoires musées de la nuit dans sa mémoire.
Le silence s’enchevêtre aux rumeurs d’absence,
persiste dans ce qui les signe
comme l’oeil s’offre un anneau supplémentaire
dans l’accroissement du souvenir.
Courtise vos blancs croque la pièce de minces arpents.
Pris dans ce solisoir,
le jour s’égrène à fines goulées se love à s’émouvoir.
- On cuve les astres.
- Dans des solitudes molles ?
- Dans ce que le ciel vous laisse pour écume.
La nuit a corps d’éthers tu le sais.
Il les puisait migrateurs
à la tranche inexacte des livres.
Les aviez-vous épuisés ?
Tout en lui refermait un livre.
De discrètes minutes fument le jour
sécrètent vos retrouvailles
arrondissent l’évidence,
plient à l’intranquil poids de vos regards.
Vous pensez ensemble à ces longs,
très longs voyages, à la Hongrie, à …
goutte à minces pas noirs
et s’accroît.
tremblé d’exils.
où la peau s’étrange à la pulpe des offrandes calmes.
travaillant à voix bleue un polyèdre.
d’amples demeures arpentées d’exils.
De minutieuses nuits taillées
sollicite un adieu.
Frère involontaire ourlé d’immobiles.
Ingénieux solitaire respecté d’exils.
texte dit et dansé par Corinne TARAUD au Studio Théâtre de Charenton
Troue l’image dans l’intuition qui la consume.
Elle veut se voir. S’approcher. Se trembler dans l’effroi de l’infime jouissance.
Elle voulut s’apercevoir en petits coups d’éclats. Ces poreux éclairs à chevaucher, mini tonnerres liquides acidifiés au soufre, vacillant à ce qui luit.
Elle rassembla sa robe, sa peau, son dire de peau.
Elle…
Tenta de se regarder en faces.
Entre nous, nul malentendu.
Juste une intuition de l’espace. Du vide.
Là où naît le visage – dit-il à sourire prudent.
Le silence se dessina à voix d’air. Devint plus fin que lui.
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